Nessaye

Si elle est avant tout mannequin, et superstar des podiums des année 90, Naomi Campbell s'illustre dernièrement majoritairement sur petit écran.
Après une rôle remarqué (Camilla Marks) dans la série de Lee DanielsEmpire, c'est dans la saison 5 d'American Horror Story que la top model continue de montrer l'étendue de son talent d'actrice.
Donnant la réplique à Lady GaGa dans la série horror de Ryan Murphy, la mannequin au légendaire mauvais caractère chercherait-elle à changer de carrière ? Oui et non, répond-elle dans les colonnes d'InStyle magazine.

Si pour le revue Lui elle posait seins nus, pour le magazine américain, Naomi Campbell, 45 ans, est bien plus pudique. Évoquant sa carrière et ses récents débuts dans les séries à succès Empire et American Horror Story, la diva des runways préfère se vêtir, comme pour plus de sérieux.
Que ce soit Lee Daniels ou Ryan Murphy, tous encensent le talent d'actrice de Naomi : "Naomi Campbell est une actrice magnifique, que je trouve sous-estimée", s'enthousiasmait dernièrement Lee Daniels alors que Ryan Murphy chante les louanges - et "connait toutes les photos" de la top model - de celle qui interprète Claudia Bankson, une rédactrice de Vogue, dans la dernière saison de sa fiction.
Un nouveau rôle, celui d'actrice, que Naomi Campbell a encore du mal à appréhender, reconnait-elle : "A l'aéroport on m'arrête, on me dit 'Hey Camilla' mais moi je répond, 'Non, je suis Naomi", explique-t-elle révélant être "très timide" face à une caméra malgré ce qu'on pourrait penser.
Mais, si Naomi Campbell reconnait adorer jouer la comédie, elle n'a pas pour autant renoncer au mannequinat : "Mon travail c'est toujours le mannequinat. Je n'essaye pas de changer de carrière", précise-t-elle avant de dévoiler sa véritable envie : "Pour être honnête, ce que je veux vraiment faire, c'est produire".

Affaire à suivre.

Principal à l'English National Ballet, Vadim Muntagirov est l'une des Étoiles qui participent au Gala Noureev & Friends. À seulement 23 ans, il danse à Londres avec Tamara Rojo, à l'American Ballet Theatre, et a reçu le 21 mai dernier un prestigieux Benois de la danse. Rencontre après une répétition, où le danseur évoque Noureev, sa jeune et déjà remplie carrière, et ses aspirations. 

Interview réalisée par Impressions danse. 

 

Qu’est-ce que Rudolf Noureev représente pour vous ? Est-ce un modèle d’inspiration ?

Rudolf Noureev est un grand danseur, c’est une légende. Personne ne danse comme lui. Ce qui est très intéressant, c’est qu’il avait un style très personnel. On n’essaie pas de le copier, mais cela fait travailler sur soi. Je pense que de nos jours, beaucoup de gens font comme tout le monde. Il y a aussi de bons danseurs mais ils n’ont pas ces différentes personnalités.

Il faut voir Noureev et Baryschnikov, ils sont très différents, je suis sûr que Noureev ne voulait pas danser comme Baryschnikov et que Baryschnikov ne voulait pas danser comme Noureev. Ils avaient leurs propres styles. J’admire Noureev parce qu’il avait un style très particulier, il faisait ses propres choix, il créait ses productions, il dansait les pas qu’il pensait être les meilleurs. J’aime ça.

 

Pourquoi avez-vous accepté de danser à ce Gala Noureev & Friends ?

Cela fait plaisir d’entendre que quelqu’un aimerait que vous participiez à ce gala. C’est un peu intimidant aussi, parce que ce n’est pas n’importe quel spectacle, c’est un gala en hommage à Noureev. Il y a toujours des vidéos de lui, on sait ce qu'il représentait.

 

Une dizaine de grandes Étoiles internationales sont présentes au Gala Noureev & Friends. Certaines sont des sources d'inspiration pour vous ?

C’est très important d’être inspiré par d’autres danseurs. Ce ne sont pas de simples danseurs, ce sont de grandes Étoiles, pour moi c’est intéressant de les voir danser. C’est difficile quand on danse d’aller les regarder, mais si le gala est filmé, je pourrai les voir. Rien que le fait de prendre la classe avec eux, c’est important, de voir la façon dont ils travaillent, leurs personnalités...

 

Que dansez-vous lors de ce gala ?

Je danse le pas-de-deux du Corsaire. Personnellement, ce spectacle est aussi spécial parce que l'on n'a pas encore ce ballet dans notre compagnie (ndlr : l'English National Ballet). C’est une chance unique pour moi d’aller sur scène et de danser ce rôle, on ne le danse pas beaucoup. On entend souvent la musique, mais à chaque fois, on va sur scène pour danser autre chose !

 

Vous dansez ce pas de deux avec Alexandra Timofeeva, du Ballet du Kremlin. Comment se sont passées les répétitions ?

Nous avons eu notre première répétition la veille du gala, le 30 mai, dans un studio à Elephant Paname. C'est la première fois que nous dansons ensemble. J’étais allé une fois au Ballet du Kremlin pour interpréter Le Lac des Cygnes mais je dansais avec une autre danseuse. Nous avons seulement pris la classe ensemble. Nous devons tous les deux être professionnels, nous accorder et faire que cela arrive en peu de temps. Le plus important c’est comment va se passer le spectacle. Je prends beaucoup de plaisir à la scène, pendant la représentation, d’être en scène.

Je pense que tous les danseurs qui participent à des galas sont des professionnels, c’est notre travail de savoir répéter aussi vite. Parfois vous allez quelque part et vous dansez avec un partenaire de votre compagnie, parfois votre partenaire vient d’une autre troupe.

 

Vous avez reçu un Benois de la danse en mai, l'une des plus prestigieuses récompenses du monde du ballet, à seulement 23 ans. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

En fait, quand je suis allé à Moscou, je ne pensais pas au prix. Ce qui était stressant pour moi, c'était que j’allais danser sur la scène du Bolchoï ! C’était excitant, c’est une grande et belle scène, et quand on pense à tous les danseurs de légende qui ont dansé dans ce théâtre... Je pensais le moins possible au prix. Lorsque je l’ai reçu, j’étais heureux mais on n’arrête pas de travailler parce qu’on a reçu un prix, on n’en travaille que plus. On ne se dit pas : "OK, j’ai atteint un but, je peux me détendre maintenant". Cela pousse au contraire à travailler encore plus dur, car on sent qu’on est sur la bonne voie, donc on continue.

 

Pour revenir sur votre parcours, comment avez-vous commencé la danse ?

J’ai commencé à la danse à six ans dans mon école primaire, nous avions quelques classes de danse assez basiques. Après, je suis entré dans une école professionnelle, l’École du Ballet de Perm. Mes parents sont des danseurs et danseuses Étoiles en Russie et ma sœur est danseuse soliste au Ballet de Perm, mais ils ne m’ont pas vraiment poussé. Ma sœur était en dernière année d’école lorsque j’étais prêt à la rejoindre, j’ai donc fait ma valise et j’y suis allé... Mais je ne savais pas que ce serait si dur ! J’avais neuf ans et on m’a mis dans un train, j’étais tout seul, c’était la première fois que j’allais dormir sans mes parents. Les deux premières années ont été très difficiles, je pleurais tous les jours. C’était dur, déjà d’être tout seul, de devoir soi-même aller manger, laver ses vêtements, d’être très indépendant. Mais on prend l’habitude.

 

Pourquoi avoir choisi d’aller ensuite à Londres ?

Quand j’ai participé au Prix de Lausanne en 2006, j’ai gagné une bourse pour étudier un an à la Royal Ballet School. A la fin de l’année, ils m’ont dit que si je le voulais, je pouvais rester jusqu’à la fin du cursus. Je ne me suis pas dit : "OK, je vais aller à Londres pour y rester et y vivre". J’ai juste pensé que, comme j’avais été formé en Russie pendant six ans, j’avais envie d’aller à Angleterre voir comment ils travaillaient, peut-être que j’y apprendrais des choses nouvelles et que ça serait bénéfique pour moi. J’ai aussi aimé la ville.

C’était difficile pour moi de m’habituer à la technique anglaise, très différente de la technique russe. Tout va deux fois plus vite, on doit se coordonner plus vite donc on se concentre moins sur les grands sauts. Après trois ans à la Royal Ballet School, j’étais content d’être ici car c’était une bonne chose d’apprendre à la fois la technique russe et la technique anglaise : cela vous rend plus fort. Je pense que les grands artistes ont leur propre technique.

 

Pourquoi avoir choisi d’entrer à l’English National Ballet ?

À la fin de ma troisième et dernière année d’étude, le directeur de l’English National Ballet de l’époque, Wayne Eagling, est venu avec Maina Gielgud, sa maîtresse de ballet, assister à une représentation de l’école. Nous dansions des pas de deux, c’était une sorte d’examen. Après qu’il m’ait vu, il m’a dit que si je voulais rejoindre l’English National Ballet, il aimerait me donner le rôle principal d'Albrecht, dans Giselle, au London Coliseum – c’est l’un des plus grands théâtres de Londres, où la compagnie donne ses représentations. J’étais très emballé donc j’ai dit oui.

 

Est-ce que les choses ont changé à l’English National Ballet  avec l’arrivée de Tamara Rojo comme directrice artistique ?

Oui, c’est très différent et les danseurs et danseuses doivent s’adapter. C’est ma quatrième année dans la compagnie, donc pour moi c’est la première fois que la direction artistique change, je n’ai pas l’habitude. On s’habitue à son premier directeur, et quand il change il faut s’adapter, mais je pense qu’elle fait du bon travail. J’ai dansé La Belle au Bois Dormant avec elle cette saison. Elle travaille dur.

Vadim Muntagirov et Tamara Rojo - La Belle au bois dormant

 

Votre partenaire de prédilection depuis votre arrivée dans la compagnie est Daria Klimentova (étoile à l’English National Ballet). Pouvez-vous expliquer ce qui rend votre partenariat si spécial ?

C’est difficile à dire, je ne sais pas comment le public le perçoit. J’aime beaucoup danser avec elle car quand nous sommes sur scène, c’est très facile de danser. Ce que je ressens lorsque je danse avec elle, c’est que je ne suis pas en représentation, je ne suis pas en train de faire des pas, j’oublie tout et je vis le rôle. Pour moi c’est très enthousiasmant. Nous avons l’habitude de danser ensemble donc je ne suis pas du tout stressé, je n’ai pas besoin de réfléchir une seconde et de me demander si ça va marcher, je suis à 100% et je me fais plaisir. C’est peut-être ça qui fait que ça fonctionne.

Daria Klimentova m’aide car elle a beaucoup d’expérience. Elle est très gentille, si je me trompe, elle trouve toujours une manière agréable de me dire comment je devrais faire. Nous nous entendons très bien en dehors de la danse, nous ne faisons pas que travailler, c’est aussi tout ce qui se passe à côté. Donc quand on rentre dans le studio, on est détendu, on sent qu’on peut se laisser aller, qu’on peut plaisanter, qu’on peut parler, on n’est pas crispé.

 

L’English National Ballet donnera une nouvelle production du Corsaire la saison prochaine. Pouvez-vous en dire plus, est-ce un projet qui vous plait ?

Je pense que tous les danseurs l’attendent avec impatience ! Ce sont des rôles très difficiles, j’ai vu le DVD, je n’ai jamais dansé le ballet complet. Surtout pour les garçons, dans chaque représentation, il y a quatre grands rôles masculins. Ça va être une bonne expérience et ça va nous aider à rester en forme, car nous allons partir en tournée dans toute l’Angleterre, donner onze représentations par semaine... et nous n’avons pas beaucoup de danseurs, surtout masculins. Par exemple, je ne sais pas encore quels rôles je vais danser mais on m’a dit que j’allais apprendre deux rôles, donc j’en danserai un rôle un jour et l’autre le lendemain.

 

Vous avez aussi été invité à danser avec l’American Ballet Theater. Pouvez-vous raconter cette expérience ?

J'ai dansé l'année dernière La Bayadère et Le Lac des Cygnes avec eux. C’était une belle expérience car l’ABT est un grand nom et il y a eu, et il y a toujours, beaucoup de stars là-bas. Lorsque je les ai rejoins, c’était comme si chaque second danseur était une légende, une grande Étoile, un grand nom. Prendre la classe avec eux, toute cette atmosphère, c’est une super expérience. C’est impressionnant, de plus ils ont des grands professeurs comme Natalia Makarova, Irina Kolpakova et Kevin McKenzie. J’ai beaucoup aimé le travail avec les professeurs car ce sont des artistes : ce n’est pas que du travail sur les pas, c’est aussi un travail sur le personnage et la personnalité.

 

Comment voyez-vous votre carrière future ?

Je ne fais pas de grands projets, j’avance plutôt au jour le jour. J’aime danser avec plusieurs compagnies en même temps, c’est une bonne expérience. Pour moi ce ne serait pas si bien de rester à un seul endroit parce qu’on s’y habitue et qu’on sent qu’on ne s’améliore pas, on ne regarde pas le monde entier. Je pense que je ne resterai pas à l’English National Ballet si ça voulait dire y rester toute l’année, sans jamais aller autre part, comme participer à ce gala ou être invité à l’ABT. C’est une chance de rencontrer d’autres danseurs, de voir leur niveau et de revenir plus inspiré. J’essaie de le faire souvent, mais c’est un peu plus difficile maintenant. Il n’y a pas beaucoup de garçons à l’English National Ballet, donc bien sûr Tamara Rojo veut que je sois là et que je danse, mais je fais de mon mieux.

 

Tamara vous a nommé danseur Étoile sur scène cette saison, une tradition initiée par Noureev à l’Opéra de Paris, qui ne se faisait pas avant à l’English National Ballet. Quel effet cela vous a fait ?

C’était vraiment un choc ! Parce que ça s’est passé sur scène... C’était super, mais c’est la même chose que pour le Benois, ça ne me fait pas penser que j’ai atteint un but et que, parce que je suis Étoile maintenant, je peux me relâcher. Je n’y pense pas beaucoup, je veux juste prendre du plaisir quand je danse et quand je suis sur scène. C’est plus important pour moi que le rang dans la compagnie.

 

Gala Noureev & Friends, les 31 mai et 1er juin au Palais des Congrès.

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